•  EAU DOUCE

     

    L’Homme demi-assis sur la margelle du puits
    Contemplait cette eau noire stagnante dans son ombre
    Un geste de sa main sans doute aurait suffi
    Pour étancher sa soif de ce liquide sombre

    Mais il savait que celle attendue paraîtrait
    Rendez-vous accordé sans aucune parole
    Établi en l’espace par celui qui connaît
    Et procure à chacun le jeu propre à son rôle

    Elle apparut enfin, soleil couchant du jour
    Seule toujours seule rythmée de sa marche lente
    Reins cambrés, pot-en-tête et droite comme une tour
    Seule la pointe des pieds effleure le sol en pente

    Dès le premier regard un éclair a jailli
    Elle le sut dans l’instant : elle n’attendait que lui
    J’ai soif demanda l’Homme au sourire d’enfant
    Elle comprit pour toujours : c’était fini l’avant

    L’eau puisée de sa cruche doucement elle versa
    Dans le creux de ses mains, d’abord il les lava
    Au puits de cet amour ils se désaltérèrent
    Leurs regards se mêlant respirant leur lumière

    Elle se prénommait croit-on Marie-Madeleine
    Et but dans les mains d’Homme l’eau de sa fontaine


    (août 2009)

     

     

                            


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