• La Mulâtresse Solitude

    La Mulâtresse Solitude

     SOLITUDE (le 27/07/2010 à 14h18)

     

    SOLITUDE (La Mulâtresse)



    Oui c’est bien ici que ce vaisseau naguère
    Sortira de ses flancs ventrus sa cargaison.
    Maudit que cet endroit appelé Capesterre
    Qui fut désigné là comme étant ta prison

    Encore presque rien dans un ventre de mère
    Issue d’une pariade, méprisable rituel 
    Comme géniteur caché un rapace des mers,
    Aborda cette terre vers ton futur cruel

    Fillette abandonnée, métisse aux grands yeux verts
    Jamais sous tes paupières n’accepta un tel joug
    Malgré ta peau marbrée des marques de tes fers
    N’agréa sans contrainte de plier un genou

    Morte en relevailles à ta corde pendue
    Sans connaître le but de cette vie-souffrance
    Grâce à toi la victoire te rejoint dans les nues
    Ton peuple libre et fier y fleurit l’existence.

    (©voiedorée)




    Le 29 novembre 1802 sur l’île de la Guadeloupe, une femme, condamnée à la pendaison par ordre de la France de Bonaparte redevenue esclavagiste, est conduite à l’échafaud. Elle a trente ans. On la surnomme la Mulâtresse Solitude à cause de sa peau claire, fruit du viol d’une captive africaine sur le bateau qui l’entraînait vers les Antilles. 

    La veille seulement Solitude a mis au monde l’enfant dont elle était enceinte, aussitôt arraché de son sein pour s’ajouter aux biens d’un propriétaire d’esclaves. Elle aurait dû être exécutée six mois plus tôt, mais les colons ne voulaient pas de gâchis : ce ventre animé pouvait rapporter deux bras de plus à une plantation.

    Huit ans plus tôt, dans l’euphorie de l’après Révolution, la France avait décrété l’abolition de l’esclavage dans ses colonies malgré l’opposition des planteurs Blancs qui en contrôlaient l’économie. Libérés de leurs chaînes, les Noirs s’éloignent en nombre de leur environnement de servitude pour tenter de se reconstruire une vie loin de la tyrannie des anciens maîtres.

    Certes il a fallu cinq ans de débats houleux aux parlementaires parisiens pour savoir si les Droits de l’Homme et du citoyen, proclamés en 1789, devaient aussi s’appliquer aux Nègres, considérés comme inférieurs. En France le lobbying esclavagiste est puissant et les quelques partisans d’un adoucissement de l’esclavage, regroupés au sein de la Société des Amis des Noirs, n’ont pas la virulence des philanthropes anglais engagés dans la lutte contre la traite négrière. Les grands planteurs sauront se faire entendre et l’Assemblée placera les colonies sous un statut d’exception pour maintenir l’esclavage. 
     Statue érigée en mémoire de la mulâtresse Solitude

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